Les Chevaliers d'Émeraude

Les Chevaliers d'Émeraude, troisième génération
 
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 Rage de vivre libre

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Amberle

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MessageSujet: Rage de vivre libre   Lun 3 Juil - 0:40

J'en avais assez, plus qu'assez! Gwendolène, la potiche, me rendait la vie impossible; ma mère adorée s'était retirée dans sa tour et mon père ne m'adressait plus la parole, puisque j'étais le portrait craché de sa femme. Les Chevaliers me regardaient de nouveau de haut, depuis l'épisode de Sire Nathan. Tout cela était de la faute de ce connard de Chevalier Aden. Et bien sûr, profitant de cela, mes soeurs se prenaient toutes les deux pour la Reine d'Émeraude. Quel Royaume voulait une poupée comme Reine, execpté les Fées.


Je ne tenais plus en place, on m'avait engagé un précepteur pour me donner les cours d'usage de la cour, afin d'essayer de me rendre comme mes soeurs, mais je finissais pas éclater de rage. Je ne voulais pas d'une vie de princesse, avec des robes, des bijoux et des preux Chevaliers, qui viennent à ma rescousse. Je voulais voyager de Royaume en Royaume et me battre sur les plages d'Enkidiev. Je voulais ensuite revenir à Émeraude avec tous ces exploits et devenir une Reine combattante, comme la Reine Swann avant que son mari ne la laisse en plan.


Écrasée dans un sofa de la bibliothèque, je poussai le livre sur la broderie qui trônait depuis le début de la matinée sur moi et me sauvai vers mes appartements. Une fois à ma chambre, je retirai la robe rose pâle que je portais et enfilai une tunique bleue marine et un pantalon noir. Je mis mes pieds dans ma chère paire de bottes de cuir souple et agrippai une ceinture d'arme que j'avais volé dans la Forge. Mon plan? Foutre le camp. Je serrai la ceinture contre mes hanches, ouvris la porte et me mis à courir, renversant au passage Gwendolène.



***


Je ne m'arrêtai que dans une clairière des Forêts, entourant Émeraude. Je pris une grande inspiration et poussai un fort cri de guerre. J'étais libre, enfin. Je me tournai vers un arbre et dégainai une dague de la ceinture. Je pris une grande inspiration et m'approchai du tronc. Je commençai à graver la silhouette d'un corps, une tête, des épaules, un torse. Une fois mon oeuvre terminée, je pris une pierre pour aiguiser la lame de ma dague.


- J'en ai assez de cette vie, grognai-je, en aiguisant la petite lame. Je veux me battre comme Tristan! Pourquoi ne me laisse-t-il pas tenter ma chance?


Je laissai tomber la pierre, une fois mon ouvrage terminé. Je me relevai, faisant face à ma cible de fortune, je tenais la dague par la lame, bien droite dans ma main. Je poussai une grande respiration et la lançai de toutes mes forces vers la tête de la cible. L'arme tournoya dans les airs quelques secondes, frappa le tronc et tomba misérablement au sol. Je restai silencieuse, devant mon échec. Dans mon esprit, j'entendis le rire aigu et haut perché de Gwendolène, lorsqu'elle se moquait de moi. Je mordis ma lèvre inférieure avec force, pour m'empêcher d'éclater en sanglots. Je regardai autour de moi, voyant que j'étais complétement seule, je me laissai aller. Je poussai un cri de rage, laissant toutes mes émotions déferler en moi, comme un raz de marée. Mes genoux flanchèrent et je me laissai tomber au sol, en pleurant à chaudes larmes.


- J'EN AI ASSEZ, J'EN AI ASSEZ DE CETTE PUTAIN DE VIE DE MERDE, hurlai-je à plein poumon.
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Noëlle

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MessageSujet: Re: Rage de vivre libre   Jeu 13 Juil - 21:15

Je me réveillai en sursaut, avant de vider le peu que j'avais dans l'estomac dans la chaudière aux côtés du lit. Je sentis aussitôt une main rassurante dans mon dos, qui me frottait avec délicatesse. Je fermai les yeux, avant de grimacer et de me lever. Être enceinte me dérangeait de plus en plus. Je m'agenouillai près du bol d'eau fraîche que les servantes avaient laissé à notre intention, et j'en pris une bonne gorgée, afin de me rincer la bouche. Je me nettoyai ensuite le visage, avant de pousser un long et profond soupir. Je pouvais sentir l'oeil inquiet de mon mari sur moi. Au lieu de prendre du poids depuis que je portais mon enfant, je ne faisais qu'en perdre. Aden s'en faisait affreusement, et était de plus en plus souvent silencieux. Je tentais de manger tant bien que mal, mais la nourriture émérienne ne semblait pas vouloir me faire. Nathan essayait d'importer de la nourriture de d'autres pays, mais les aliments arrivaient toujours périmés. Je soupçonnais la reine de pratiquer sa magie depuis ses appartements afin d'être sûre que je sois malade et que je ne porte pas cet enfant à terme. 


Je pris une grande inspiration, tentant de retenir mes larmes. Je n'étais pas l'âme la plus charitable d'Enkidiev. J'avais tué tellement de personnes que je ne pouvais plus les compter. Je ne le faisais pas par plaisir, simplement pour gagner ma vie. Il ne me dérangeait point de tuer. Mais jamais je n'avais tué de femme enceinte. Et c'était exactement ce qu'on tentait de me faire. Je comprenais les motifs. Et je m'en voulais affreusement d'avoir donné moi-même la mort à mon enfant par mes actions passées. 


- Hey... murmura Aden en posant sa main contre mon épaule. 


Je me levai d'un bond, avant de me saisir de ma cape. Je pouvais voir que le soleil était levé. J'embrassai mon mari sur la joue, avant d'enfiler rapidement des chaussures. 


- Je dois sortir, lui soufflais-je en guise d'excuses.


J'avais l'impression que ce qui m'arrivait nous éloignait de plus en plus. Il savait que c'était de ma faute. Je ne pouvais pas lui en vouloir. Inconsciemment, j'avais créé tout cela. Maintenant, je le regrettais. Mais ce n'était pas assez. Je traversai les dédales du château, avant de passer par-dessus le pont-levis. Je ne savais pas où j'allais, mais je n'avais pas peur. Je savais que mon époux gardait un oeil magique sur moi. Il suivait mon énergie et me rejoignait avec ses bracelets aussitôt qu'il me sentait un brin en détresse. (Une branche a éraflé mon visage il y a quelques jours, et il s'est assuré de venir me guérir sur-le-champ.) Je devais avouer que c'était mignon, quoique quelque peu encombrant. Jamais personne n'avait pris soin de moi ainsi. 


Après plusieurs longues minutes de marches, j'arrivai à la lisère de la forêt. Je décidai de m'y enfoncer. C'était à cet endroit que je devrais habiter. Et non dans un foutu château. Je n'étais pas à ma place, encore moins avec la reine près de moi. 


- J'EN AI ASSEZ, J'EN AI ASSEZ DE CETTE PUTAIN DE VIE DE MERDE ! hurla une voix à ma droite.


Je haussai un sourcil, avant de me diriger vers la source du bruit. Je débouchai bien rapidement dans une clairière, dans laquelle une jeune femme était agenouillée. En fait, elle semblait pleurer. Je n'osais pas trop m'approcher d'elle. Je n'allais tout de même pas la réconforter, je ne la connaissais pas ! Puis, elle releva la tête. Je me souvenais l'avoir déjà croisée quelque part... PRINCESSE! ELLE ÉTAIT PRINCESSE ! 


- Avec ta mère, je comprends que ta vie soit de la merde, ne puis-je m'empêcher de commenter.


La jeune femme se retourna alors vers moi, le visage noir de colère. Ouais... je ne semblais pas l'avoir dérangée au bon moment. Je tentai un bref sourire pour m'excuser, avant de me diriger vers elle. En tant que membre royal de mon nouveau royaume, je devrais lui faire quelques révérences et tout, mais je me fichais pas mal de la politique et de toutes ces merdes. 


- Je eum... Tu t'entraînais? lui demandais-je alors, en voyant sa ceinture d'armes. Si tu veux, je peux t'enseigner à tuer à mains nues...


Je me raclai la gorge. Je n'avais jamais été bonne pour me faire des amies, et ce n'allait certainement pas être aujourd'hui que ça allait commencer. 
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Amberle

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MessageSujet: Re: Rage de vivre libre   Ven 14 Juil - 22:14

Ça faisait des jours que je n'avais même pas le droit de voir ma mère, que mon père restait enfermé avec ses conseillers et que mon frère était occupé avec l'ordre. Tout ce qu'il me restait était Mathéo, mais lui je ne lui parlais pas beaucoup; Gwendoline, qui me pourrissait l'existence et Olive, qui était Olive. Et j'en avais assez de tous cela. Plus qu'assez.



- Avec ta mère, je comprends que ta vie soit de la merde, fit une voix égale, de femme.



Je me retournai et vis la femme que ma mère avait condmanée à mort et que grâce à Sire Nathan, était toujours en vie. Je n'étais pas capable de ne pas lui en vouloir à elle, mais surtout au Chef des Chevaliers, car par leur faute, je ne pouvais plus voir ma maman. Elle qui travaillait fort à remmettre Émeraude sur la carte des Royaumes forts. Elle me fit un bref sourire, avant de faire quelques pas vers moi. Sans révérence... Bonsoir la classe.



- Je eum... Tu t'entraînais? demanda la fille, je crois qu'elle s'appelait Noëlle. Si tu veux, je peux t'enseigner à tuer à mains nues...



Je relevai un sourcil, alors qu'elle se raclait la gorge. Si elle pensait que m'enseigner à me battre allait me rendre plus douce envers elle. Je croisai mes bras contre ma poitrine, je savais que la femme que ma mère détestait était une vraie tueuse. Je poussai un soupir, j'allais la tester un peu, mais pas au combat. Avec mon intelligence.



- Donc vous voulez m'enseigner ce que vous savez, dis-je, sceptique. Est-ce pour essayer de gagner la faveur d'un des membres de la Famille Royale? Me prenez-vous pour une idiote?



Elle semblait faite de glace. La seule chaleur que je voyais en elle, était dans son petit ventre rond. Qu'est-ce que sire Aden, d'une nature si douce et paternelle, trouvait à cette femme qui avait tué un tas de gens. Je posai mes mains contre mes hanches, la dévisageant. Peut-être n'étais-je pas si différente d'elle, parce que tuer Gwedoline ne me dérangerait pas le moins du monde.



- Apprenez-moi tout ce que vous savez, dis-je, décidée. Je veux tuer quelqu'un.
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Noëlle

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MessageSujet: Re: Rage de vivre libre   Sam 22 Juil - 19:54

Je haussai un sourcil, sentant qu'elle me scrutait de la tête aux pieds. Décidément, elle était du côté de sa mère. Je devrais m'en aller, avant qu'elle ne s'en prenne à moi et me tue. Je n'osais même pas imaginer ce qu'Aden oserait lui faire subir. J'adorais mon mari, mais je sentais que je le changeais. Il n'était plus l'homme d'honneur qui suivait le Code de l'Ordre à la lettre comme lorsqu'il m'avait rencontrée. Il était un homme prêt à tout afin de protéger et de venger sa famille. Il l'avait démontré alors qu'il avait pris ma défense contre la reine. Il évitait le sujet, lorsque je lui posais des questions. J'en venais à me demander s'il n'avait pas de regrets d'avoir agi ainsi. Si seulement j'avais le pouvoir de lire dans les pensées, je pourrais savoir à quoi m'attendre. Malheureusement, tout n'était que cachotteries. J'en avais marre. Nous étions mariés, mais c'était comme s'il n'était pas à mes côtés. Depuis cet événement, je me sentais affreusement seule. Ce qui en ajoutait à mon malheur de ne pas supporter ma grossesse. 


- Donc, vous voulez m'enseigner ce que vous savez? pesta finalement dire la princesse. Est-ce pour essayer de gagner la faveur d'un des membres de la famille royale? Me prenez-vous pour une idiote?


Euh. Je n'avais nullement l'intention de gagner les faveurs de qui que ce soit. Je m'étais toujours débrouillée seule pour faire absolument tout, ce n'était pas aujourd'hui que j'allais commencer à tenter de gagner des faveurs. D'ailleurs, je n'avais pas obtenu l'amour d'Aden en lui léchant le cul. J'avais simplement été moi-même. Je ne comprenais toujours pas pourquoi il était avec moi. Je restai donc de marbre, ne répondant point à ce qu'elle venait de me dire. Elle ne m'impressionnait pas, avec ses mains contre ses hanches.


- Apprenez-moi tout ce que vous savez, réclama-t-elle alors. Je veux tuer quelqu'un.


J'éclatai alors d'un rire puissant et sonore. Voir même cruel. Nan mais pensait-elle vraiment que j'allais l'aider après ce qu'elle venait de me dire ? Déjà que je n'avais jamais eu l'intention de lui montrer comment je me battais. Il n'y avait que deux personnes en cet univers qui utilisaient cette technique. Et l'autre était mort. Je l'avais tué. Je n'allais tout de même pas lui montrer cela. Bah, je pourrais, mais j'allais la tuer après, c'était sûr et certain. Je n'allais pas prendre la chance qu'elle venge sa mère sur moi en me volant mes techniques de combat. 


- Jamais, lui répondis-je alors froidement. Je me fiche de toi, de ton rang, et de tes intentions. Si tu veux tuer quelqu'un, fais-le. Si tu n'es pas capable avec les capacités que tu possèdes, c'est parce que tu ne veux pas réellement tuer. 


C'était une leçon très importante que mon maître m'avait appris. Il avait fallu que je lui démontre mes motivations à tuer avant qu'il ne m'apprenne quoi que ce soit. Et je l'avais fait. J'avais tué de nombreuses personnes innocentes. Cette princesse n'était pas prête à faire cela. 


Je me laissai subitement tomber contre l'herbe, vomissant le peu de bile qu'il y avait en moi. Je voulais simplement arracher de bébé de mon ventre. Mais c'était la seule chose qui me permettait de rester en vie en ce moment. 


- Je te le donne si tu le veux, ricanais-je à l'Émerienne d'un ton sombre.


Évidemment, je parlais de ce foutu bébé.
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Amberle

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MessageSujet: Re: Rage de vivre libre   Dim 6 Aoû - 22:06

Je n'étais pas idiote, je savais que la pauvre femme ne me laisserait jamais apprendre ses techniques. Mais je savais aussi qu'elle n'était que l'ombre de ce qu'elle était auparavant. Simplement par le fait qu'elle était mariée au plus doux des Chevaliers et qu'elle portait son enfant. Aussi que ma mère réussirait à la faire tuer d'une manière ou d'une autre...


Un fort rire cruel résonna dans la clairière. Le sien. Je n'avais jamais eu peur de personne, mais je ne faisais aucunement confiance à cette femme. Je ne voulais pas la tuer, elle, je voulais tuer Gwedolène. Ma soeur me faisait incroyablement chier dur. Depuis ma naissance, elle ne faisait qu'être jalouse de ma liberté.


- Jamais, cracha Noëlle. Je me fiche de toi, de ton rang et de tes intentions. Si tu veux tuer quelqu'un, fais-le. Si tu n'es pas capable avec les capacités que tu possède, c'est parce que tu ne veux pas réellement tuer.


Je voulus relever un sourcil. La femme ne savait ce dont j'étais capable. Si je n'avais pas de pouvoirs magiques comme Mat et Olive, j'apprenais beaucoup plus rapidement que tout le monde. Et j'étais prête à tout pour atteindre mes buts, trait que je tenais de ma mère. Soudainement, Noëlle s'effondra au sol. Elle finit par vomir le contenu de son estomac.


- Je te le donne si tu veux, ria la femme.


Je croisai mes bras contre ma poitrine. Je soupirai, avant de m'avancer vers la femme. Je tenais mon couteau dans mon poing, je m'arrêtai à deux pas d'elle et levai mon arme. D'un geste brusque, je laissai tomber la larme dans le minuscule espace entre son index et son majeur. Je me penchai sur Noëlle, glissai mes mains sous ses aisselles et la remis sur pied.


- Vous devriez consulter Lady Ellana, elle pourrait vous aider avec votre estomac et votre bébé, dis-je, plus doucement.


Je lui fis une petite révérence, ce que je faisais rarement, avant de me pencher et ramasser ma lame. Mon regard toujours dans le sien, je lançai ma dague en plein dans le milieu de ma cible, sans jeter un regard dessus. Je n'apprenais pas seulement des enseignements, mais de mes erreurs. Je savais que si je ne la respectais pas, maintenant, elle ne me laisserait pas apprendre d'elle.


- Je veux tuer ma soeur, dis-je, sombrement en lui tournant le dos.
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Noëlle

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MessageSujet: Re: Rage de vivre libre   Dim 13 Aoû - 17:49

Et ouais. J'en avais littéralement marre d'être enceinte. Marre. Je ne voulais pas de cet enfant. Même si c'était la seule et unique chose qui me gardait en vie pour le moment. Ça me rendait affreusement malade, et pathétique. Ces derniers temps, je me demandais pourquoi j'avais abandonné ma vie d'assassin pour marier un putain de chevalier. Depuis l'attaque de la reine, je ne le voyais pas vraiment. Il partait souvent avec Nathan faire je-ne-sais-quoi et me laissait complètement seule. Je souhaitais seulement m'échapper et m'enfuir loin d'ici. Cependant, pour faire cela, il faudrait que je sois capable d'enlever ce bébé qui était en moi. Mais j'en étais tout simplement incapable. 


Je sursautai subitement, tandis qu'une lame tombait entre deux de mes doigts. Je relevai mon regard vers la petite princesse, les sourcils froncés. Cependant, je fus surprise de voir ses mains se glisser sous mes aisselles afin de m'aider à me remettre sur pieds. Je me doutais bien qu'elle se donnait cet air de gentillesse afin que je l'entraîne, mais je n'étais pas écervelée. On ne pouvait m'avoir aussi facilement. 


- Vous devriez consulter Lady Ellana, elle pourrait vous aider avec votre estomac et votre bébé, me dit-elle alors, d'une voix beaucoup plus douce. 


La jeune princesse me fit alors une révérence, ce qui me fait hausser un sourcil. Puis, sa dague se retrouva bien rapidement contre une cible non-loin, tandis que le regard d'Amberle restait planté dans le mien. Croyait-elle vraiment que je pouvais lui apprendre à tuer à mains nues ? Elle était très loin d'atteindre ce stade.


- Je veux tuer ma soeur, dit-elle d'un ton sombre, me faisant de ce fait dos.


J'eus un petit sourire en coin, avant de poser ma main contre son épaule et de la forcer à se retourner vers moi. Elle ressemblait affreusement à sa mère, et cela me dégoûtait quelque peu. Mais je ne devais pas me méprendre. Elle n'était pas Mylena. Même si je savais très bien que je pourrais la tuer afin de faire souffrir cette maudite reine. Étrangement, je ne voulais pas le faire. 


- Tu ne peux pas tuer ta soeur, lui dis-je alors d'un ton sec. Première règle afin de devenir assassin: n'avoir aucune attache. En tuant ta soeur, tu briserais des gens que tu aimes, et tu ne pourrais pas le supporter. 


Sans prévenir, je lui assénai un puissant coup de pied du plat de ma botte contre son estomac, la coupant de son souffle et la projetant plus loin, au sol. Elle n'eut même pas le temps de porter sa main à sa dague où son épée que je lui avais dérobées, avant de la plaquer au centre de la clairière et d'accoter sa propre arme contre sa gorge. 


- Être assassin signifie être toujours sur ses gardes, même lorsque tu dors, lui dis-je avec un sourire en coin. 


Je la libérai, lui redonnant alors ses armes. Je pouvais voir à son regard qu'elle était déterminée. Elle souhaitait que je continue. Et pour être honnête, je ne voyais pas de raison de ne pas le faire. Cela pourrait m'occuper en l'absence de mon époux, et pourrait me rapporter quelque peu d'argent... Retourner à mon ancienne vie avec une princesse pour m'accompagner ? Pourquoi pas?


- Première chose à faire: tu devras aller à la bibliothèque. Trouve tous les livres sur le corps humain et étudie les. Demain, je veux que tu connaisses toutes les faiblesses d'un corps, possibles à atteindre sans arme. Et demain, tu viendras ici désarmée. 
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Amberle

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MessageSujet: Re: Rage de vivre libre   Sam 16 Sep - 23:50

Je n'avais jamais était fait pour être une princesse, j'avais toujours fuguée et piquais des noises aux fils de paysans. Mon père ne cessait de demander à ma mère de me discipliner, mais cette dernière ne le faisait pas. Peut-être parce que j'étais différente de tous ses enfants, je n'agissais pas en princesse. Olive avait sa magie, Gwen avait son irritabilité et moi j'avais sa volonté de fer. Ma mère se voyait dans chacun de ses enfants.



La main de la criminelle se posa sur mon épaule. Noëlle me força à me retourner vers elle, nos regards se croisèrent. Elle voyait ma mère, je voyais une pauvre femme prise dans un mariage. Elle avait toutes les occasions possibles de m'assassiner, pour faire baver ma mère. Et je ne l'arrêterais pas.



- Tu ne peux tuer ta soeur, dit-elle, d'un ton presque professoral. Première règle afin de devenir assassin: n'avoir aucune attache. En tuant ta soeur, tu briserais des gens que tu aime, et tu ne pourrais pas le supporter.



J'étais prête à me faire haïr de ma famille, si je pouvais simplement me tenir au dessus du cadavre de Gwendolène. La botte de la femme entra violement en contact avec mon estomac, je tombai au sol et avant même que je n'eu le temps d'agripper mon arme, la femme du chevalier Aden tenait ma lame contre ma gorge. Pour une femme enceinte et mal en point, elle ne laissait pas sa place.



- Être assassin signifie être toujours sur ses gardes, même lorsque tu dors, ajouta Lady Noëlle, avec un drôle de sourire.



Je fus libérée de son emprise, pour me faire redonner mes armes. Il fallait croire que je n'étais rien pour elle. Je continuais de la fixer, en attendant le reste de tout cela. J'avais simplement envie de tuer ma putain de soeur et peut-être, un jour, mon père, qui avait confiné ma mère à ses appartements.



- Première chose à faire: tu devras aller à la bibliothèque. Trouve tous les livres sur le corps humain et étudie les. Demain, je veux que tu connaisses toutes les faiblesses d'un corps, possibles à atteindre sans arme. Et demain, tu viendras ici désarmée.



Je hochai la tête, avant de marcher à reculon vers la sortie de la clairière. Une fois hors de vue, je me retournai et couru vers le château.



***




L'aube me réveilla un peu, je n'avais pas beaucoup dormi, mais étais en pleine forme. Autour de moi, sur mon lit baldaquin, reposaient une tonne de livres. Je finis par me lever et agripper une tunique verte émeraude, un pantalon noir et mes bottes, je revêtis le tout et cachai une mini lame dans l'envers de ma ceinture. On allait pas à un combat désarmé. Car non seulement j'avais lu les livres sur le corps humain, mais tout ce que la bibliothèque d'Émeraude avait sur les mercenaires.



Je fus à la clairière en un rien de temps, sauf qu'au lieu de m'y tenir au milieu, je me tenais en haut d'un arbre, bien cachée et hors de toute vue. Je la vis entrer dans la clairière et se planter au milieu. Je sautai silencieusement de mon poste et marchai derrière elle.



- Les meilleures façons de tuer un homme, sans laisser de trace, en fait, il n'y en a qu'une, dis-je platement. C'est l'empoisonnement. Les faiblesse corporels d'un homme sont les tempes, si on l'en frappe une avec une force suffisante. La gorge, une simple strangulation est très facile.



Il y avait tant de façon de tuer quelqu'un et je n'allais pas toutes les énumérer. Je vis Noëlle se retourner vers moi et je posai mes mains sur mes hanches.



-Va-t-il falloir que je les énumère toutes? demandais-je.
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