Les Chevaliers d'Émeraude

Les Chevaliers d'Émeraude, troisième génération
 
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 Une nostalgie amoureuse

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Kesley

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Date d'inscription : 17/04/2016

MessageSujet: Une nostalgie amoureuse   Ven 15 Juil - 23:35

Lourd. Voilà ce qu'était le regard de Nathan sur moi. Il pesait, tentant de déchiffrer mes émotions. Après deux mois sans aucune magie, je n'étais même plus capable de ressentir quoi que ce soit. Mais ce n'était pas tout. Emerick me manquait. J'avais perdu les deux choses qui me représentaient. Cependant, cela pouvait avoir ses avantages. Maintenant, je pouvais m'éloigner sans que mon frère pense que j'allais brûler toute la forêt, ou alors détruire tout le château. Je passais mes journées à m'entraîner à l'épée ou à la lance, et j'avais commencé à prendre une bonne masse musculaire. De plus en plus je ressemblais à mon père, qui était plutôt bâti. Je ne parlais plus à Aëlys. Elle, elle n'avait pas tout perdu. Elle ne pouvait pas comprendre. Notre magie était ce qui nous avait uni. Elle était également ce qui nous avait séparés. Étrangement, ça ne m'affectait pas du tout. J'étais bien mieux seul, dans mon silence, sans personne pour me rappeler mes malheurs. C'était tout simplement parfait.


Alors que je brassais lentement la soupe dans le chaudron au-dessus du feu, je vis que trop de chevaliers me fixaient, le regard compatissant. Je jetai la cuillère de bois sur le sol, avant de m'enfuir dans la forêt. J'en avais marre de me faire prendre en pitié de la sorte. Je sus que personne ne me suivrait. Nathan allait seulement me suivre magiquement pour s'assurer que je ne fasse pas quelque chose d'irréparable, mais je n'en avais nullement l'intention. Je voulais juste m'enfuir de tous les regards. 


Après plusieurs minutes de marche dans les forêts elfiques, j'arrivai au premier village. Tous les Elfes me connaissaient comme étant le petit frère de Nathan. Ils connaissaient également toutes mes habiletés, et ils appréciaient beaucoup que j'excelle à l'arc à flèches. Cependant, je fus surpris de ne voir personne. Je marchai donc jusqu'à la hutte du chef du village, et je pus entendre de la musique. Un gros feu brûlait et tous les villageois s'étaient réunis. Je fus cependant surpris d'apercevoir des humains au travers les Elfes. Je restai à l'écart, m'accotant contre un arbre, les bras croisés contre ma poitrine. Les rituels elfiques m'avaient toujours fascinés. Ce qui m'intriguait, par contre, c'était la présence des gens de ma race. Habituellement, leurs rituels étaient sacrés et privés. 


- Sire Kesley ! s'exclama une voix.


Je fronçai les sourcils, cherchant du regard Iovis, le propriétaire de la voix, le fils du chef du village. Il sortit de la foule pour se diriger vers moi, sourire aux lèvres. Son visage était peint. Ils célébraient une naissance, si je me fiais aux motifs noirs sur ses joues. Il me tendit les bras à la manière des Chevaliers, et je les lui serrai de la même façon. Il était très ami avec mon frère. 


- Pourquoi tu ne te joins pas aux festivités?


Je haussai les épaules, mais je n'eus pas le temps de lui tourner le dos afin de me sauver. Je me retrouvai bien rapidement au milieu de la foule, tout près de la nouvelle mère. Elle était humaine... Et le bébé avait des petites oreilles. Un hybride? Je souris à la nouvelle mère, avant de me retourner pour quitter les lieux. Je tombai alors nez à nez avec le roi d'Argent. Le nouveau né était mi-Argentais, mi-elfe. Ce qui voulait dire qu'Emerick était là... 


- Kesley, souffla une voix que j'aurais souhaité ne plus jamais entendre.


Mes yeux se remplirent de larmes, et j'eus l'impression que le temps s'arrêtait. Une puissante énergie prit possession de mon être, alors que le feu s'éteignait d'un seul coup. Un silence de mort tomba sur la foule, alors qu'ils cherchaient la provenance. Pourtant, je n'étais plus capable de faire de la magie depuis quelques mois déjà. Je reculai de quelques pas afin de me sauver, mais un vent violent s'éleva. Les humains poussèrent des cris de terreur, alors que les elfes ne faisaient que se méfier, prêts à intervenir. Nathan n'arrivait pas. Pourquoi n'arrivait-il pas? Sans doute m'étais-je trompé. Sans doute ne me suivait-il pas comme je le croyais.


Je me laissai tomber lentement à genoux, alors qu'une pluie diluvienne commençait à s'abattre sur nous. Les vents étaient si forts qu'un arbre tomba contre la maison du chef. J'enfouis mon visage entre mes mains, comprenant que je n'avais nullement le contrôle. 
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Emerick

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MessageSujet: Re: Une nostalgie amoureuse   Sam 16 Juil - 1:46

Deux mois s'étaient écoulés depuis que Nathan et moi avions trouvé Kes dans une clarière du Royaume des Elfes. Deux mois, que mon père m'avait interdit de quitter mes appartements, suite à ma tentation abdication au trône. Depuis, je refusais de descendre, pour participer aux activités royales ou aux dîners. Je n'adressais plus la parole à mes parents, puisque bien sûr, ma mère avait essayé de me faire entendre raison. Je ne voulais pas être roi, sans mon amoureux à mes côtés.



***


J'étais assis près d'une Elfe, qui tentait de m'expliquer les moeurs des habitants de ce village, lors de la naissance d'un enfant. J'écoutais d'une oreille distraite, en maudissant mon père de m'avoir forcé à sortir de ma tour. Avoir eu les pouvoirs magiques de mon amour, je l'aurais assommé à l'aide de lévitation. Je poussai un soupir, je n'avais que faire que l'une de mes sujettes s'était unie à un elfe et avait eu son enfant. Selon mon père, lorsqu'une alliance, comme cette dernière, naissait, il était important de la célébrer. Une autre raison merdique, pour essayer de me faire comprendre mes responsabilités.


Après quelques minutes, une comotion se fit entendre dans un coin reculé de la fête. Iovis, l'heureux papa, parlait avec quelqu'un.


- Sire Kesley!, s'écria-t-il.


KESLEY?! Une boule remonta le long de mon oesophage, mon amant était ici? Kesley n'était pas un nom répandu à Enkidiev. Comme j'allais me lever, pour me diriger vers le nouveau père, mon propre paternel se dirigea vers les deux hommes. Je n'entendis pas ce que Iovis proposa à Kesley, mais ce dernier s'en alla pour partir mais tomba nez à nez avec le Roi d'Argent. C'est à ce moment, que je décidai de me lever et me lançai vers mon père. C'est alors que je vis ce regard sauvage, profond et bleu.


- Kesley, soufflais-je.


Ces yeux, qui me rendaient complétement fou, se remplirent de larmes. Mon coeur se serra. Deux mois, que je ne l'avais pas vu, il était devenu de plus en plus musclé et son visage gardait une expression dure. Autour de nous, un silence lourd tomba, mon âme soeur commença à reculer, afin de se sauver. Un vent puissant l'empêcha, mon regard restait plongé dans le sien. Autour de nous, les gens se mirent à crier. Devant moi, Kes tomba à genoux, en même temps, une forte pluie se mit à tomber sur nous. Les vents prenaient de plus en plus de forces, alors qu'un arbre tomba sur la maison du Chef. L'amour de ma vie cacha son visage avec ses mains. Je me précipitai sur lui et agrippai ses poignets.


- Kesley, arrête! criais-je. Arrête ça, tu vas blesser les gens!


Je tirai sur les bras musclés de mon amour, voyant qu'il ne m'écoutait pas, je me saisis de son visage. Je compris à son regard paniqué, qu'il ne contrôlait plus rien. Je devais l'empêcher de créer une tempête, qui détruirait probablement le continent en entier. Avec désespoir, je posai mes lèvres sur les siennes, en un baiser passionné. J'approchai ma bouche de son oreille.


- Kesley, arrête, je t'en prie, soufflais-je. Contrôle-toi. Tu l'as toujours fait.


Je plongeai mon regard, de nouveau dans le sien. «Je t'aime» pensais-je. J'espérais fortement qu'il l'entende. J'allais reposer mes lèvres contre les siennes, lorsque je sentis une énorme douleur à la tête. Quelques secondes plus tard, ce fut le noir total, Étais-je mort?


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Kesley

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MessageSujet: Re: Une nostalgie amoureuse   Lun 18 Juil - 0:40

Toute ma magie qui s'était éteinte semblait refaire surface d'un seul coup. Non seulement je ne contrôlais plus rien, mais en plus, ma peur intensifiait la puissance de l'énergie que je produisais. Habituellement, je m'aurais attendu à ce que le chef du village des elfes intervienne, mais il ne semblait pas pouvoir le faire. Habituellement, il était possible de mettre un terme à ma magie. Mon frère et mon maître le faisaient constamment. Mais cette fois, je savais que c'était différent. Je savais que tout ce temps sans aucun pouvoir n'avait fait que retarder ce moment. Ce moment où je reverrais Emerick. Ce moment où mon coeur ferait un bond si fort dans ma poitrine qu'elle ne pourrait pas y survivre. Ce moment qui m'effrayait, mais qu'au fond, j'avais envie qu'il arrive. Ce moment que mon frère s'amusait à retarder simplement parce qu'il croyait que c'était la bonne chose. Simplement parce qu'il croyait savoir ce qu'il y avait de meilleur pour moi. Un jour, il allait comprendre que je n'étais pas lui et que nos vies ne pouvaient pas être pareilles. 


Alors que j'éclatais en sanglots, mon visage bien enfoui dans mes mains, je pus sentir Emerick se saisir brusquement de mes poignets. Je n'avais même pas besoin de le regarder pour savoir que c'était lui. Je le ressentais jusqu'au plus profond de mon âme. Emerick d'Argent... mon âme soeur, l'homme de ma vie, celui que j'aimais et que j'aurais voulu vivre à ses côtés pour l'éternité. Malheureusement, c'était également l'homme avec lequel cet amour était totalement impossible. 


Kesley arrête ! me cria alors mon prince. Arrête ça, tu vas blesser les gens !


Je savais tout ça. Mais je ne pouvais rien faire. J'étais incapable d'arrêter tout ça. En fait, ça ne faisait qu'augmenter parce que j'avais peur de faire du mal. Les vents se déchaînaient de plus en plus alors que la pluie était de plus en plus puissante. Je savais que ce n'était qu'une question de temps avant que Nathan ne s'en rende compte et ne se téléporte jusqu'ici. En attendant, je ne pouvais rien faire. J'étais totalement incapable de me concentrer pour contacter mentalement qui que ce soit. Je ne faisais que perdre le contrôle. Si ça continuait, j'allais créer une tornade qui allait ravager le continent en entier. 


Je sentis Emerick tirer sur mes bras afin que je libère mon visage, mais je n'en fis rien. J'avais bien trop honte de ce que je faisais en ce moment pour affronter son regard, son jugement, et également voir la scène affreuse que je produisais en ce moment. Je me contentais de rester caché, espérant vivement que mon frère se montre le nez rapidement. C'est alors que mon prince se saisit de mon visage à deux mains afin de le remonter vers le sien. Ses yeux d'acier me transpercèrent aussitôt. Il semblait aussi paniqué que moi. Mais il n'y avait rien à faire. Il fallait qu'il s'en aille d'ici et qu'il sauve le plus de gens possibles. 


Comme pour me contredire, mon ancien amoureux m'embrassa avec passion et désespoir. Mon coeur fit de nouveau un bond dans ma poitrine. Malheureusement, même l'amour ne pouvait pas faire revenir ma magie à la normale. Pire encore, je sentais que je perdais encore plus le contrôle dans les bras de mon amant. Il me manquait terriblement, et le simple fait de ne pouvoir jamais être avec lui était suffisant pour me mettre en colère et me donner envie de mettre fin à mes jours. 


Kesley, arrête, je t'en prie, me murmura-t-il au creux de l'oreille. Contrôle-toi, tu l'as toujours fait.


Oui. Mais maintenant, c'était différent. C'était comme si tout ce que je n'avais pas eu à contrôler ces deux derniers mois venait d'apparaître. C'était beaucoup trop à gérer pour ce que j'avais appris à faire jusqu'à présent. 


Comme j'étais connecté à Emerick puisqu'il était mon âme soeur, je pus entendre ses pensées. « Je t'aime ». Ces mots semblaient si près, si réels, que j'aurais pu les entendre. Puis, mon amour s'écrasa dans mes bras, le crâne fracassé par un arbre. Je poussai un puissant cri de désespoir, alors qu'une tornade commençait lentement à se former autour de nous. Je tentais de le réanimer, mais c'était impossible. Je ne voyais que le sang commencer à couler le long de son crâne et de sa chevelure. J'avalai de travers, alors que les larmes continuaient de couler le long de mes joues. Je sentis une puissante douleur à la tête, puis ce fut le néant.


********


Je battis doucement des paupières. Une pleine lune éclairait l'endroit dans lequel je me trouvais. Je me relevai sur mes coudes, mais je ne pus pas faire plus; une puissante douleur à la tête m'accablait. Je me concentrai afin d'aller l'amenuiser, mais je ne sentis aucune magie opérer. Je me relevai donc en position assise et gémis de douleur en ressentant une sensation de brûlure au niveau de ma clavicule. Je grimaçai, avant de poser ma main sur ma peau. Je baissai le regard, sentant qu'un étrange signe y était tracé. Je fus surpris d'y voir une espèce de rune directement à chair vive. Je me frottai doucement les yeux, puis je regardai autour de moi. Lentement, mes souvenirs me revenaient. Partout autour de moi, des elfes s'affairaient en silence à ramasser les débris ou à reconstruire les huttes. J'avalai de travers, cherchant Emerick du regard, mais je le voyais pas.


Kesley? demanda une voix rauque.


Je me retournai vivement, surpris de voir mon frère. Il s'agenouilla à mes côtés, un léger sourire rassurant aux lèvres. Je haussai un sourcil, me demandant pourquoi il agissait ainsi alors que je venais carrément de détruire un village en entier. Je plongeai un regard sérieux dans le sien. Techniquement, je devrais être punis pour ce que j'avais fait. Bien que ce soit involontaire, j'avais probablement tué des gens.


Tu n'as tué personne, me dit Nathan, lisant mes pensées.


Pourquoi j'suis brûlé ? demandais-je.


- J'suis désolé Kesley, mais je n'ai pas eu d'autre choix que de sceller ta magie, se répandit-il en excuses. 


Je me levai brusquement, ayant une soudaine envie de lui abattre mon poing au visage. Il m'avait promis. Il m'avait toujours promis qu'il ne ferait jamais cela, qu'il trouverait toujours une solution. Pourtant, il m'avait menti. Je fis quelques pas en sa direction opposée. Je me tournai légèrement afin de lui jeter un regard dédaigneux. Je ne voulais plus jamais lui parler, je ne voulais plus jamais le voir. Les larmes montèrent à mes yeux, alors que je me dirigeais lentement vers la forêt. Je ne savais pas où était Emerick, mais c'était la seule et unique personne que j'avais envie de voir en ce moment. Je croisai mes bras sous le courant d'air froid, me rendant soudainement compte que je n'avais plus de tunique. Sans doute me l'avait-on enlevé afin de sceller ma magie. Mais je ne retournerais pas de bord pour aller me vêtir. Il n'était pas question que je vois Nathan. Il tenterait de se faire pardonner, et je ne voulais pas de ça. Je ne voulais pas de sa pitié. Je ne voulais pas de ses justifications. Je ne voulais que mon prince, mon amour. 


- Comment tu vas? me demanda une voix, me faisant sursauter.


Je me retournai, paumes en avant, mais je poussai un juron, constatant que je ne pouvais plus m'armer de la sorte pour me défendre. Cependant, aussitôt que je vis Em, je baissai mes mains et courus à sa rencontre, sautant dans ses bras. Je commençai aussitôt à observer sa tête, et je fus soulagé de voir que quelqu'un s'était occupé de refermer la plaie et de mettre fin à l'hémorragie interne. S'il était éveillé, cela signifiait qu'au moins deux journées s'étaient passées depuis ce moment.


J'suis vraiment désolé, lui soufflais-je. 
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Emerick

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MessageSujet: Re: Une nostalgie amoureuse   Dim 31 Juil - 0:03

Je rouvris les yeux, pour voir un jeune elfe penché sur moi, ses yeux verts me dévisageaient avec étonnement. J'eus un petit sourire moqueur, avant de me relever. Le jeune se tassa, me laissant suffisament d'espace pour respirer. Je frottai le dessus de ma tête, m'attendant à trouver une plaie béante, mais ce ne fut pas le cas. Je sautai sur mes pieds et me dirigeai vers la sortie de la hutte, mais le jeune elfe se mit en travers de mon chemin.


- Laisse-moi passer, ordonnais-je.


L'elfe me fit non de la tête. Je fis craquer mon cou, avant de pousser un profond soupir. Je n'avais pas le temps pour des enfantillages.


- Écoute-moi, je ne sais pas ton nom, franchement, ce n'est pas important. Je dois aller voir le jeune écuyer d'Émeraude, dis-je.


- Mon nom Lorin, sire Emmerick, dit le petit Elfe. Et le jeune écuyer d'Émeraude est avec son frère et il vaut mieux, que vous les laissiez entre-eux.


Je poussai Lorin hors de mon chemin. Je n'avais que faire de cela, Nathan vivrait si je me pointais pour aller voir mon amant. Je voulais voir Kes et je le verrais. Je sortis de la hutte et je vis, dans un coin reculé du village, deux personnes. L'une était accroupie devant l'autre. Nathan et Kesley. Je traversai la clarière, ignorant les elfes et les argentais.


- Comment tu vas? demandais-je.


Kesley se retourna, ses paumes ouvertes vers moi. Rien ne sortit de ses mains. Je haussai un sourcil. Mon jeune amoureux poussa un vilain juron, avant de se rendre compte que c'était moi. Kes baissa ses mains et couru vers moi, pour sauter dans mes bras. Il se mit à examiner ma tête, remarquant que je ne portais plus aucune trace de l'accident.


- J'suis vraiment désolé, murmura mon jeune amant.


J'eus un sourire moqueur, avant de plaquer mes lèvres sur les siennes, en un violent baiser passionné. Mes bras se serrèrent autour de lui, le pressant contre moi. Plus jamais, je ne le laisserais partir. Il était à moi et personne ne me l'enlèverait.


- Si tu savais comme ça me passe dix pieds par-dessus la tête, dis-je, amoureusement.


Me rendant compte de ce que je venais de dire, j'éclatai d'un rire franc. Kesley me regardait d'un air étrange, mais son regard gardait la même étincelle sauvage, celle qui m'avait fait tomber amoureux de lui. Mon regard acier se perdit dans l'océan de son regard.


- Ne fais pas cet air là, embrasse-moi, lui ordonnais-je, d'une voix rauque.


Ne lui laissant pas le temps de répondre, je l'entraînai, dans mes bras, vers la première hutte vide que je trouvais. Je fermai le rideau derrière nous et le déposai sur ses pieds. J'attirai de nouveau, Kesley à moi, pour l'embrasser à pleine bouche. Mes mains jouant avec le lacet de son pantalon.


- Si tu savais, comme tu m'as manqué, râlais-je.
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Kesley

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MessageSujet: Re: Une nostalgie amoureuse   Dim 31 Juil - 3:43

Je me sentais réellement mal de lui avoir fait mal. Je n'avais pas voulu faire ça. Je ne comprenais toujours pas pourquoi c'était arrivé. Pourquoi soudainement ma magie avait repris possession de mon être. Mon frère m'avait souvent dit que l'amour était la plus puissante des magies. Je commençais à comprendre la signification de cette phrase. Mais maintenant, elle ne signifiait plus rien. Car ma magie, je ne pourrais jamais la récupérer. À moins que la personne qui l'aie scellé défasse ce qu'elle avait fait. Je savais très bien que cela n'allait pas arriver. Nathan ne les laisserait pas faire. J'avais failli briser plusieurs vies. En fait, je pourrais même être puni pour ce que j'avais fait. Déjà que le roi Argentais ne m'aimait pas, il était clair qu'il allait demander une sanction à mon égard. Et même Emerick ne pourrait rien faire à ce sujet. Mes mains contre les joues de l'homme que j'aimais, je me contentais de fixer ses yeux d'acier. Je pouvais y voir une étincelle de désir.


Rapidement, Em afficha un petit air moqueur qui me fit comprendre qu'il se fichait totalement que j'aie presque démoli un village en entier. Maintenant que je n'avais plus de magie, que je risquais d'être expulsé de l'Ordre, je pouvais bien me battre pour Emerick. Cela ne poserait plus de problème à mon frère. Et puis de toute façon, qu'il aie des problèmes ou non, je m'en fichais maintenant. Il avait juste à ne pas me trahir de la sorte. 


Je ne pus y penser davantage que l'homme de ma vie s'empara brusquement de mes lèvres. Il n'en avait rien à foutre des regards qui convergeaient vers nous. Et ce, même s'il s'agissait de ceux de son peuple. Je n'avais plus aucune question à me poser sur ses sentiments à mon égard. Toujours dans ses bras, Em ne fit que me serrer davantage contre lui. J'encerclai sa taille de mes jambes, prolongeant le baiser le plus longuement possible. Il m'avait manqué, c'était fou. Je comprenais maintenant à quel point j'avais BESOIN d'Emerick dans ma vie. Sans lui, je n'étais que l'ombre de moi-même. Sans lui, je n'existais pas. 


- Si tu savais comme ça me passe dix pieds par-dessus la tête, me souffla-t-il alors, mettant fin à notre baiser. 


Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas vraiment pourquoi il disait cela. Ce que j'avais fait était plus que dangereux. Toujours blotti dans ses bras, je tentais de comprendre pourquoi il riait ainsi. Et comme je ne pouvais même plus lire ses pensées... Je me contentais de le fixer, totalement coincé dans l'incompréhension. En fait, mes yeux l'intimaient clairement de m'emmener quelque part et de me baiser. Il fallait simplement qu'il s'en rende compte. Je n'allais évidemment pas dire ça devant autant d'oreilles indiscrètes. C'était ce dont j'avais besoin, mais plus encore, ce dont j'avais envie. J'avais envie de lui, pour toujours, pour la vie. 


- Ne fais pas cet air-là, embrasse-moi, réclama soudainement Emerick.


J'eus un léger sourire en coin. Parce qu'il pensait qu'il pouvait me donner des ordres maintenant? Désolé, mais ce n'était toujours pas le cas. Heureusement pour lui que j'avais envie de l'embrasser... Cependant, je n'eus pas le temps de m'exécuter qu'il m'emmena jusqu'à une hutte complètement vide. Clairement, il avait envie de la même chose que moi. Et c'était très bien comme ça. Je me retrouvai sur mes deux pieds, mon regard azur planté sauvagement dans celui de Nathan. Il était mieux de me prendre dans les cinq prochaines minutes. Je voulais qu'il me fasse oublier mon calvaire. Et pour ça, il fallait que mon plaisir soit beaucoup plus puissant que la douleur de la brûlure contre mon torse. 


Bien calé contre son torse, ses lèvres embrassant les miennes avec fougue, j'avais l'impression  qu'il n'y avait que moi pour lui. Et cela me faisait grandement plaisir. Ses mains s'agitant contre mon pantalon me faisaient frissonner. 


- Si tu savais, comme tu m'as manqué, me souffla-t-il d'une voix rauque.


Je ne pus m'empêcher d'afficher un léger sourire en coin, posant mes mains contre les siennes afin de l'empêcher d'aller plus loin. Je posai un regard aguicheur dans le sien, alors que ma main allait se saisir de son menton.


- Nan je le sais, murmurais-je d'une voix à peine audible. Mais lui aussi, je lui manque.


Je me saisis brusquement de son membre, l'obligeant à reculer jusqu'au mur le plus près. Une fois que son dos le heurta, je posai mon avant-bras contre son torse, l'empêchant de bouger. Je relevai mon regard vers le sien, puis je le relâchai brusquement.


- Mais t'auras pas ce que tu veux.


Mon ton était sec. Je le bousculai quelque peu, avant de lui faire dos et de me diriger vers la sortie, sourire victorieux aux lèvres. J'avais envie de lui. Très intensément. Mais en même temps, j'avais envie de m'amuser. Je n'eus pas le temps cependant d'aller plus loin que je sentis quelque chose me couper le haut de l'oreille. Au même moment, une hache s'enfonça dans le mur qui était directement à côté de ma tête. Je me retournai, sourcils froncés. 


- T'as envie de te remémorer notre première rencontre ? lançais-je sur un ton plus que baveux.


Mais ça en était trop. Je marchai d'un pas plus que décidé à la rencontre de mon amoureux, et je me saisis violemment de ses lèvres. Sans même m'en rendre compte, je déchirai sa tunique et le forçai à la retirer. 


- Arrête-moi, lui soufflais-je alors.
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Emerick

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MessageSujet: Re: Une nostalgie amoureuse   Mer 10 Aoû - 13:33

Son petit sourire en coin, ses mains emprisonnant les miennes, c'était vraiment tout ce que j'avais besoins pour m'exciter. Son regard turquoise fut illuminé d'une lueur aguicheuse, alors que sa main prenait mon menton.


- Nan, je le sais, souffla mon jeune amant. Mais lui aussi, je pense.


Kes se saisit de mon membre, alors qu'il m'obligeait à poser mon dos sur le mur derrière moi. Mon amoureux posa son avant-bras sur mon torse, m'emprisonnant entre le mur et lui. Son regard sauvage se posa dans le mien, alors qu'il retirait son bras.


- Mais t'auras pas ce que tu veux, lança-t-il, d'un ton sec.


Kesley me tourna le dos, après m'avoir repoussé et se dirigea vers la sortie. Je connaissais ce petit manège, mais je n'avais pas envie de ce jeu maintenant. Je savais aussi qu'il avait un immense sourire aux lèvres. J'agrippai ma hache et la lançai sur le mur tout près de mon amour. En passant au dessus de lui, mon arme lui coupa le haut de l'oreille. Ce n'est que lorsque ma hache s'enfonça dans le mur, que Kes se retourna vers moi. Ses sourcils froncés et les mains sur les hanches, cela me rappela notre première fois.


- T'as envie de te remémorer notre première rencontre, ma lança Kes, hargneux.


Et pourquoi pas? Mon amant se dirigea vers moi d'un pas décidé, avant de plaquer sa bouche sur la mienne. Ses mains agrippèrent ma tunique, la déchirant d'un coup et me la retirant. Merde, c'était la seule que j'avais ...


- Arrête-moi.


Je repoussai mon amant, lui faisant non de la tête, j'inversai nos positions avec un peu de brutalité et le plaquai au mur. Je reposai mes lèvres sur les siennes, alors que je défaisais les lacets de son pantalon rapidement. Je finis par lui retirer, avant de déchirer sa tunique d'un coup. Mes baisers voyagèrent dans son cou, jusqu'à son bas ventre, où je dus me mettre à genoux devant mon amant. Je pris son membre tendu devant mon visage, embrassant le gland et le pris totalement en bouche. J'entamai un doux va et vien, appliquant aussi un peu de pression avec ma main. Ma propre érection devenait de plus en plus douloureuse. Je laissai le sexe de mon amant, après de longues minutes, pour relever mon visage vers lui.


- Et pourquoi, je t'arrêterais? demandais-je, provocateur.


Je défis mon pantalon d'une main, avant de me relever et de me saisir de Kesley. Je soulevai mon amant de terre, lui faisant croiser ses jambes autour de ma taille et son dos au mur. Je sentis mon membre tendu, chatouiller l'entrée de son antre, avant d'y entrer avec douceur, mais lui faisant pousser un cri. Mes lèvres allèrent chercher les siennes, alors que je commençais un rapide va et vien en lui.
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Kesley

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MessageSujet: Re: Une nostalgie amoureuse   Lun 16 Jan - 20:59

Je savais comment avoir Em. Je le savais mieux que quiconque. Probablement même mieux que son ancien amant, le stupide « roi » de Rubis. Notre relation n'en était pas plus saine, mais elle était pleine d'amour et de réel désir. Il fallait dire qu'Emerick n'avait jamais aimé ce petit prince prétentieux. Bon, je n'en avais jamais vraiment discuté avec lui, mais c'était évident. S'il l'avait aimé, il serait avec lui en ce moment, et non dans cette hutte en train d'haleter sous la pression de la luxure que j'animais en lui. 


Subitement, mon dos heurta le mur en joncs tressés, et je ne pus m'empêcher de gémir de douleur. Putain que j'aimais lorsqu'il était ainsi sauvage avec moi. Ses lèvres dansant avec les miennes, je ne pouvais m'empêcher d'en vouloir plus. Fini les petits jeux, je voulais qu'il me prenne avec passion et ardeur, je voulais qu'il m'aime de la même façon que moi je l'aimais. Avec toute l'envie que je lui connaissais, mon amoureux détacha rapidement mes pantalons, qui tombèrent au sol, bien rapidement suivis de ma tunique. Mon souffle s'accélérait bien malgré moi, tandis que ses baisers se faisaient fiévreux, descendant lentement le long de mon corps. Je fermai les yeux alors que sa bouche se déposait contre mon bas-ventre, si près de mon membre. Je me mordis la lèvre inférieure tandis que sa main se saisissait de mon sexe, l'animant avec frénésie. Aussitôt sa bouche suivit, et je ne pus empêcher gémissement par-dessus gémissement. Putain qu'il était bon ! Après plusieurs minutes de pur plaisir, il releva son visage vers le mien. Il était trop sexy.


- Et pourquoi, je t'arrêterais? me susurra-t-il.


J'eus un petit sourire en coin. Maintenant, il n'était pas question qu'il arrête. Je le voulais tout entier, et juste pour moi. Pour toujours. Peut-être pourrais-je le convaincre de s'enfuir en territoires inconnus avec moi? C'était le temps...


Mon regard au creux du sien, je pus sentir sa main s'agiter au niveau de mon bas-ventre. Il enlevait son pantalon. Je l'entendis tomber au sol, et je fus aussitôt relevé dans les bras d'Em. Mes mains autour de son cou, mes iris bien encrées dans les siennes, mon amant donna un coup de hanches afin d'entrer en moi. Je poussai un cri de douleur. Il fallait dire que ça faisait longtemps que je n'avais pas eu de relation. Et bon... Il était plus que bien membré. Rapidement, Em me réconforta en caressant mes lèvres des siennes. Je m'accrochai à ce baiser, entamant une danse du bassin avec lui. La douleur s'amenuisait peu à peu.


Après plusieurs minutes ainsi, le plaisir augmenta d'un cran, et je perdis toutes mes forces. Je m'écroulai dans les bras de mon âme soeur, qui heureusement était assez fort pour me retenir. Mon visage devint rouge tomate devant ma faiblesse, je pouvais me sentir chauffer. Ma tête se faufila alors au creux de son cou, afin de cacher ma gêne. 


- Rie pas de moi, lui soufflais-je contre la clavicule.


Je me raidis subitement dans les bras de mon amoureux, lorsque l'orgasme me frappa de plein fouet. ET LUI, IL CONTINUAIT! C'était comme si mon orgasme n'avait pas de fin. Je gémissais si fortement que j'avais peur que tout le village m'entende. Je n'avais jamais crié comme ça. 
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Emerick

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Date d'inscription : 14/04/2016

MessageSujet: Re: Une nostalgie amoureuse   Sam 18 Fév - 23:58

Depuis qu'il m'avait quitté, depuis que j'avais tenté de renier mon titre; je n'avais plus envie de vivre. Je ne me présentais plus aux soupers ou aux audiences. Je m'étais simplement enfermé dans mes appartements, refusant de manger et me soûlant au vin. Je me surpris même à m'ennuyer d'Annielle et de ses remarques venimeuses. J'avais besoins de Kesley.


Ses lèvres contre les miennes étaient la seule chose me retenant à la vie. Mon jeune amant fit danser son bassin contre moi, synchronisant son mouvement à mon va et vien. Rien ne saurait venir entacher ce moment, ni mon père, ni Nathan; ne pouvait venir gâcher mon bonheur.


Après un long moment, je sentis Kesley s'effondrer contre moi. Je le retins, afin qu'il ne tombe pas au sol. Je vis son visage se colorer de rouge, avant qu'il ne le cache dans mon cou. Bien que Kesley était affirmé, lorsqu'il était «au lit» sa gêne devenait évidente. C'en était attendrissant.


- Rie pas de moi, chuchota Kes, son souffle chaud effleurant ma clavicule.


Au même moment, l'écuyer fut frapper par un violent orgasme, pourtant, je n'avais pas terminé! Je continuai mon va et vien en lui, ce qui étira dans le temps, l'orgasme de mon âme soeur. Ses gémissements devinrent de plus en plus sonores. Les miens aussi. Je n'arrêtai pas pour autant, augmentant le rythme de mes va et vien. Et après quelques minutes, l'orgasme me frappa, encore plus violemment que le sien. Un long râle m'échappa, alors que mes bras laissèrent tomber Kes au sol.


- Désolé, rigolais-je, timidement.


Je remis Kesley sur pied, en riant, avant de l'embrasser avec amour. Le craquement d'une branche près de la hutte, me faisant sursauter. Mon corps se tendit, j'entendis des pas se diriger vers l'entrée de la hutte.


- Emerick, fit la voix grave de mon paternel.


Je ravalai ma salive, avant de remonter mon pantalon, au moment même où le Roi d'Argent entrait dans la hutte. Je pivotai vers mon père, cachant Kesley dans mon dos. J'étais dans la merde, jusqu'au cou.


- Père, dis-je. Pourrais-je avoir un brin d'intimité?!


Mon ton dur le prit par surprise, je ne lui parlais jamais sur ce ton, mais tout ce que je voulais c'était protéger Kes et ma relation. Ses sourcils se froncèrent et son regard se plissa, focussant sur mon amant, nu derrière moi. Son visage sévère prit une teinte cramoisie, il bouillait de rage! J'étais mort!


- C'était pour ce pauvre adolescent, que tu as essayé de te débarrassé de son droit de naissance?! cria mon père. Tu n'es qu'un idiot égoïste! On retourna à Argent et tu ne sortiras plus de tes appartements avant le jour de ton mariage!


Mon quoi?! UHM NON! Je me tournai vers Kesley, qui me semblait autant sous le choc que moi. Mon géniteur laissa échapper un ricanement de victoire, avant de sortir. Il était fier de ruiner ma relation avec l'écuyer d'Émeraude. J'allais être malade et par la suite, j'allais assassiner mon papa chéri.


- On s'en va dans dix minutes, Emerick, cria-t-il.


Je pivotai vers mon âme soeur, pour une fois, je ne savais pas quoi dire. Parce que je savais qu'il ne me croirait pas. Parce que je savais que c'était la fin. J'étais le pire amoureux du monde et puisque je ne pouvais pas renier mon titre, Nathan avait été clair, je n'aurais plus le droit de voir Kesley.


- Je t'en prie, Kes, soufflais-je. Avant que tu ne dise quoi que ce soit, écoute-moi. Je n'ai jamais accepté un mariage. J'ai essayé de renier le titre et la couronne, pour toi, parce que je t'aime plus que tout!


Je tendis les bras vers mon amour, qui recula. Désespéré, je tombai à genoux devant lui. Je ne survivrais pas à sa perte. Je levai un regard implorant vers mon bel amant. son regard sauvage et le mien se fusionnèrent.


- Je t'en prie, crois-moi, soufflais-je.


- Emerick, on s'en va, fit la voix lointaine de mon père.
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Kesley

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MessageSujet: Re: Une nostalgie amoureuse   Mar 21 Fév - 14:45

Je me mordis la lèvre inférieure, afin de retenir mes gémissements. Je n'avais jamais eu d'orgasme aussi puissant, et encore moins aussi long. Je n'avais plus du tout le contrôle de mon corps. Mais mon amant était fort et très musclé. Ça devait lui demander presque rien de me tenir contre lui. Tant mieux, j'aimais ça. Ouais, j'étais la « femme » du couple, mais j'étais très musclé, très « mâle ». Je ne comprenais pas les homosexuels qui aimaient les hommes féminins. Mon homme à moi était un vrai. C'était le mien, et j'étais le sien. Personne ne pourrait se douter de notre orientation sexuelle. À moins d'entrer dans la tente en ce moment même. Et même encore, je connaissais beaucoup de gens qui baisaient pour baiser, peu importe le sexe. Il était facile de mettre le tout là-dessus. Même si avec un prince, c'était légèrement délicat. Moi, je m'en sortais bien. Je n'avais aucun devoir de mariage. J'étais entièrement libre de ce côté là. Encore plus maintenant, puisque j'avais l'intention de quitter l'Ordre et de ne plus jamais revenir. Maintenant, il fallait simplement que je convainque Em de se sauver avec moi. C'était possible. Il fallait seulement qu'il aie la même volonté que moi de ce côté là. 


C'est alors qu'Emerick se ramollit en moi, et je sentis sa semence chaude en moi. Mais lui aussi, son orgasme le fit faiblir, car il me lâcha subitement. Je me retrouvai dans la paille, et lui aussi, d'ailleurs. Mouais, c'était vraiment la meilleure baise que nous n'avions jamais eue. De toute façon, toutes les baises avec mon prince étaient excellentes. Jamais je ne pourrais m'en lasser. Ce qui était dommage, c'était que nos moments passés ensemble étaient si rares et courts que c'était la seule et unique chose que nous faisions. Mais je savais qu'il m'aimait. Et il savait que je l'aimais aussi. 


- Désolé, murmura mon amoureux en rigolant.


Il s'excusait pour quoi? Pour m'avoir donné le meilleur orgasme de toute ma vie? Je ne répondis rien, mais je le laissai me relever pour me serrer contre son torse. J'étais tellement bien dans ses bras, j'y resterais toute ma vie. Ses lèvres s'emparèrent des miennes avec tendresse. Lorsqu'il mit fin au baiser, j'ouvris la bouche pour lui proposer de s'enfuir avec moi. Mais quelque chose le fit se retourner subitement. Je fronçai les sourcils, mais je ne dis rien. 


- Emerick! résonna une voix que je connaissais bien. 


J'écarquillai les yeux, à la recherche de mes vêtements, mais je ne les vis pas à portée de main. Heureusement, Em réussit à remettre son pantalon et à me cacher derrière lui. Ouais, ce n'était pas le meilleur plan du monde. Mon coeur battait la chamade dans ma poitrine. Je ne voulais pas le perdre. Je ne voulais pas que notre relation soit mise à nue. Je ne voulais pas que mon amoureux doive vivre sans vie sans moi. Je ne voulais pas être sans lui à mes côtés. Malheureusement, je n'avais aucun pouvoir là-dessus. Le Roi Argentais entra alors dans la hutte, et je retins mon souffle. J'avais juste envie de pleurer en ce moment même. Je me blottis dans le dos de mon amoureux, les larmes aux yeux. Pourquoi étions-nous restés dans le village aussi? Il aurait fallu s'enfoncer dans la forêt, aller dans un endroit où il était totalement impossible de nous suivre. Je me sentais tellement stupide en ce moment. 


- Père ! Pourrais-je avoir un brin d'intimité? demanda subitement mon amant sur un ton dur que je ne lui connaissais seulement lorsqu'il était en colère.


Je savais bien que tout ça c'était pour me protéger, et je me sentais mal. Mais je n'étais pas assez petit pour passer inaperçu. J'étais tout de même large et musclé pour un écuyer d'à peine seize ans. Ma respiration s'accélérait tandis que les larmes commençaient à couler le long de mes joues. J'avais peur. Terriblement peur de la suite des choses. Mes ongles s'enfoncèrent dans la chair d'Emerick, alors que je tentais de m'accrocher à lui. On allait me l'enlever, encore. Je n'en pouvais plus de ses séparations. C'était trop douloureux. Je ne le supportais plus. 


- C'était pour ce pauvre adolescent, que tu as essayé de te débarrasser de ton droit de naissance ? pesta alors le roi. Tu n'es qu'un idiot égoïste! On retourne à Argent et tu ne sortiras plus de tes appartements avant le jour de ton mariage.


En attendant ces mots, je lâchai le dos d'Emerick. Il était promis? Et il ne me l'avait pas dit. J'avais de la misère à respirer en ce moment. Je fixais Em, qui s'était tourné vers moi. J'entendais la voix de son père en fond, mais je n'en comprenais pas la moindre parole. J'avais définitivement perdu Emerick d'Argent. Tout ça parce qu'il était un prince. Et moi qui croyais que les âmes soeurs étaient destinées à être ensemble... Il fallait croire que je m'étais trompé. Jamais je ne pourrais être avec Em. Du moins, pas tant que son père serait en vie. Et je ne pouvais pas assassiner un roi sans moi-même perdre ma tête. La reine Mylena était assez sévère à ce sujet. Je ne savais pas quoi dire, ni quoi faire. C'était le moment. De s'enfuir. Mais j'étais en colère et les mots ne sortaient pas de ma bouche. Même si je m'enfuyais, j'étais persuadé que le roi argentais irait sur Irianeth pour nous retrouver. J'avais mal, tellement mal, que même Em ne pouvait pas comprendre. J'avais tout perdu. Ma magie, ma place dans l'Ordre, mon amoureux. Je n'avais vraiment plus rien. Je n'existais plus.


- Je t'en prie Kes, me dit Emerick d'une voix étonnement douce. Avant que tu ne dises quoi que ce soit, écoute-moi. Je n'ai jamais accepté un mariage. J'ai essayé de renier le titre et la couronne, pour toi, parce que je t'aime plus que tout.


Même s'il avait fait tout ce qu'il disait, rien ne changeait. Je devais mentir. Je devais m'enfuir. Je devais le laisser, libre. Même s'il ne serait jamais libre, je savais qu'au moins, il aurait la vie sauve. Avec moi, il ne pourrait jamais rien vivre pleinement. Nous serions constamment menacés de mort, ou pire. Mentir était la seule solution si je voulais nous sauver, tous les deux. 


Lorsque sa main se tendit vers moi, je reculai. Je ne savais pas comment lui mentir. Je ne voulais pas le blesser, mais je sentais que je n'avais pas le choix. Mon regard s'était durci, beaucoup plus que ce qu'il ne pouvait l'être habituellement. 


- Je t'en prie, crois-moi, souffla Em.


Oui je le croyais. Ce n'était pas ça le problème. Tout cela allait au-delà du pouvoir que nous avions. La voix du père de mon amoureux retentit, me donnant envie de vomir. Mais je me retins. Je devais garder un visage neutre. Un visage sans émotion qui allait détruire Emerick. Pour toujours...


- C'pas comme si je t'avais déjà aimé, pestais-je alors. Je ne voulais que la couronne d'Argent. Mais comme c'est un échec, je vais me diriger vers une autre couronne. 


Je retenais mes larmes. Je pris mon pantalon un peu plus loin et le revêtis, avant de dénicher une tunique dans l'un des meubles de la pièce. Me croyait-il ? Je ne le savais pas. Mais je ne pouvais pas non plus affronter son regard, poser mes yeux sur lui. J'allais éclater en larmes. Je ne devais pas faire ça. 


- Adieu, votre Altesse, lançais-je d'un ton arrogant. 


*************


Une année. Voilà ce qui s'était écoulé depuis que j'avais laissé Emerick en plan, pour ensuite m'enfuir complètement et disparaître. Grâce à une combinaison d'herbes magiques de la forêt des Elfes, j'ai réussi à camoufler mon énergie à tous les membres de l'Ordre. Puis, j'avais marché. Longuement. Jusqu'à la Forêt Interdite. Je m'y étais construit une petite maison en bois. Ça avait été difficile. Je n'avais jamais eu à faire ce genre de choses. Puis, j'ai appris à chasser, à poser des collets. Je me suis même forcé à manger du poisson, moi qui détestait ça. Je savais qu'il y avait des humains qui vivaient à proximité, mais ils ne m'approchaient jamais. Je les espionnais souvent, en grimpant dans les arbres. Souvent, ils faisaient des sacrifices humains pour leurs dieux. Le matin, je me faisais des provisions de nourriture. L'après-midi, je m'entraînais comme un fou. Mes muscles étaient plus que développés, et j'avais un cardio extraordinaire. Malheureusement, je n'avais pas d'arme avec moi. Je m'étais donc fabriqué un harpon pour pêcher et un arc pour tuer. Oui, je maîtrisais déjà ce dernier, mais j'étais habitué à un arc fait par le forgeron. Et non en bois avec les moyens du bord. Malgré tout, j'avais pris un soin immense à le sculpter. Il allait plus que bien. Grâce à lui, j'abattais mon gibier en une seule flèche. Directement dans l'oeil. À tous les jours, je pensais à Em. Et à son père. Il était la raison de mon entraînement intense. J'allais tuer cette merde. Et ce n'était pas pour ravoir Emerick. Je devais lui avoir brisé suffisamment le coeur. Il ne voudrait probablement plus jamais rien savoir de moi. C'était une pure, et simple vengeance. Pour avoir gâché ma vie. Je m'étais même juré que j'allais manger son coeur. 


J'avais marché plus d'une heure dans la forêt, arc en main. Arrivé près du village étrange de mes voisins, je grimpai dans un gros arbre, mon arbre habituel. Le feuillage était très dense et m'empêchait d'être vu. Cependant, moi j'avais une vue parfaite sur eux. J'avais bien rapidement compris qu'ils parlaient Enkiev. La langue des anciens. Heureusement qu'on nous obligeait à l'apprendre lorsque nous étions élève à Émeraude. Sinon je n'aurais jamais pu comprendre ce qu'ils disaient. Je savais qu'aujourd'hui, ils avaient de la visite importante. Quelqu'un qui venait d'en haut. Je doutais que ce soit Nathan. Il n'avait aucune raison de venir ici. Ça ne pouvait qu'être quelqu'un qui voulait de nouveaux territoires pour son peuple. Un Roi, ou une Reine, donc. 


Je sursautai lorsque j'entendis ma langue maternelle. Ils arrivaient ! Je fronçai les yeux, en voyant les couleurs et la bannière du royaume d'Argent. Mais non... C'était impossible ! Je tendis aussitôt une flèche, attendant de voir le Roi. C'était ma chance. Je le vis, et aussitôt, ma flèche siffla dans l'air. Elle se ficha dans le cou du roi, qui ne pourrait survivre. J'eus un sourire en coin, mais je perdis l'équilibre que j'avais sur ma branche. Je poussai un cri de terreur - merde - en tombant. Comment attirer les soldats argentais sur moi? Lorsque j'atterris au sol, je perdis mon souffle. Malgré tout, je me relevai avec difficulté, afin de mettre le plus de distance possible entre moi et ces hommes sans pitié. Mais j'avançais lentement, très lentement. Je décidai donc de me cacher dans un buisson. Je tendis une flèche, et la laissai partir sur le premier soldat que j'aperçus. J'en tuai une demie douzaine ainsi, avant de me lever et de continuer mon chemin. Je devais les entraîner dans la direction opposée de ma maison. La rivière ! Cependant, une douleur me traversa l'oreille. Puis, je vis une hache se ficher dans l'arbre en face de moi. Emerick ! Je pouvais reconnaître son arme. Mon nom y était gravé dans l'écriture des Enkievs... Ce n'était gravé avant que je le quitte sauvagement. Je ne comprenais pas... Mais je ne devais pas m'arrêter. Je poursuivis ma course dans la forêt. Je la connaissais par coeur, et pas lui. J'avais donc un fort avantage. Malheureusement, je ne fis pas attention à mes propres pièges. Ceux que j'avais tendus pour ma chasse. Je m'en rendis compte une seconde trop tard, et je n'eus pas le temps de retirer mon pied. J'étais prisonnier d'un filet, et je n'avais pas de couteau avec moi pour m'en défaire. Je mis rapidement ma capuche contre ma tête, alors que j'entendais Emerick arriver dans la clairière. Il était seul. J'avais trop changé pour qu'il me reconnaisse. Il ne fallait donc pas qu'il voit mes yeux.
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